Les Fronts oubliés (2)
La bataille de Royan
 
L'histoire de la Bataille de Royan est à rapprocher de celles qui concernent les "Poches de l'Atlantique". Alors que l'ennemi est repoussé sur les rives allemandes du Rhin par la première armée française et que le général  Leclerc a respecté son serment (Koufra), la dernière des quatre armées allemandes qui occupait notre territoire au moment du débarquement en Normandie, fut boutée hors de France.
 
Les allemands étaient enfin partis ! pas tous, car on se battait encore dans la région de Bordeaux.
 
L'enjeu pour les allemands et surtout pour la Kriegsmarine était de conserver encore ses bases de sous-marins pour engager une ultime bataille dans l'Atlantique.
Dans cet optique, et ce, depuis janvier 1944, Hitler avait fait dresser une liste des forteresses côtières qui devraient être défendues à tous prix . Parmi celles-ci, figuraient :
"Gironde nord" (Royan) et "Gironde sud" (Le Verdon).
 

Les difficultés qui avaient marqué la prise des ports de Brest et de Cherbourg avaient fait réfléchir les États-majors et ces derniers étaient bien décidés à laisser se geler ce front sous la surveillance d'une sorte de cordon sanitaire dont les F.F.I fourniraient l'essentiel.
Cependant le chef du Gouvernement Provisoire de la République Française (le général de Gaulle) tenait essentiellement à monter contre les poches de la Gironde, une offensive.
 

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Il était évidemment séduisant de dégager l'accès de Bordeaux, mais l'entrée de l'estuaire était fermement tenu par des batteries antiaériennes et des canons de forts calibres.
De plus, il était pratiquement impossible de prendre cette poche défendue par quelques 4716 combattants allemands à Royan et 3500 à la Pointe de Grave.
Seuls 3000 hommes surveillaient ces derniers avec l'aide d'environ 12007 F.F.I bientôt arrivés.
Entre temps le général De Gaulle obtenait l'accord d'Eisenhower pour passer à l'action.
Cette période de calme était renforcée par un tacite convention passée entre les allemands et les alliés pour éviter de mettre les civils (hélas ce ne fut pas le cas) de nouveau à l'épreuve dans cette région et donc des limites à ne pas franchir (sauf dénonciation  préalable avec préavis de quatre jours) avaient été convenues.
 
l'Opération "Indépendance" fut fixée au premier janvier 1945.
 
Le 5 janvier 1945 les bombardiers "Liberator" déversèrent sur la ville de Royan 1637 tonnes de bombes  explosives et 14800 kg de bombes incendiaires.
La ville fut anéantie et plus de la moitié de la population y trouva la mort.
 
Les formations de l'armée de l'air française engagées étaient des plus disparates (D-520, Glenn-Martin, Douglas-Marauders, et même des Ju-88 récupérés sur les terrains  de Toulouse). Les renforts purent arriver une fois  la bataille d' Alsace achevée.
 
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Le GC 1/5  fut alors affecté au 1er TACTICAL AIR FORCE (Américano-Canadien).
 
Le 12 avril la 3ème Escadre est envoyée sur Bordeaux, les avions sont mis au point, équipés de "belly-tank" et de tubes de rocket sous les plans.
Le pauvre THUNDERBOLT a ainsi l'allure d'une bête apocalyptique ; il se comporte en l'air comme un véritable veau.
Les pilotes ont repris leur équipement familier en COASTAL COMMAND : gilet de sauvetage (Maewest ), les Dingies (canots pneumatiques) qui, en nombre insuffisant, ne peuvent être montés sur les parachutes.
Pour les pilotes cela ressemblait  cependant à du repos car depuis quelques jours, deux avions par jour en moyenne, étaient touchés et endommagés par la Flak.
C'est avec joie que les pilotes envisagent ce déplacement dans un secteur ou il y aura moins de Flak, où les missions seront plus nombreuses mais plus courtes et où la ville sera plus gaie que LUXEUIL, dont la seule distraction était les bains.
 
La réalité sera un peu différente et des camarades y trouveront la mort.
 

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En effet, lors de la première mission, le 14 avril, des huit avions engagés, un est touché par la flak. Le pilote qui  a du sauter en parachute à 2 kilomètres de la côte ne peut survivre dans une eau glaciale et, malgré la surveillance exercée par ses coéquipiers et les tentatives pour lui larguer à plusieurs reprises un dingy ne peut être repêché par l' Air See Rescue (qui a fait une erreur de positionnement suite à de mauvaises informations).

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La prise de la Poche de Royan de Royan durera prés de 4 mois durant lesquels les chasseurs-bombardiers français achevèrent de nettoyer l'embouchure de la Gironde (batteries côtières de 320 et 240, trafic fluvial allemand, torpilleurs, dragueurs, barges, installations portuaires, casemates, ouvrages d'infanterie, dépôts, matériels-roulants et même des fermes servant d'abris aux blindés).
 
La plupart de ces missions se font en soutien aux troupes au sol qui attendent parfois l'arme à la bretelle pour avancer.
 
La dernière mission du groupe pour cette campagne, est une mission au "napalm" de 10 avions, sur des objectifs  à la Pointe de Grave (2 batteries sous béton).casemat.jpg (17323 octets)
Le délais de cinq jour calculé par les américains pour cette campagne est donc respecté.

  Le Groupe 1/5 Champagne avait effectué 197 sorties.

Le 30 avril,  les derniers défenseurs de la poche de Royan se rendirent ...
au même moment que ceux de Berlin.

Immédiatement après la campagne le général De Gaulle vint lui même distribuer, en grande quantité, des décorations aux troupes qui avaient combattues, ce qui fit dire au commandant d'Escadre, dans un rapport sur la campagne, que "la culture du bananier était particulièrement florissante sur les bords de l'Atlantique".
Il refusa d'ailleurs les Croix de Guerre et les Légions d'Honneur offertes à ses pilotes.
(Le régime des décorations avait été établi selon un barème qui attribuait un coefficient (1 à 3) aux missions en fonction de leur difficultés et leur résultats. 
Un minimum de point exigibles pour les propositions aux différents ordres.)
 
Finalement, malgré tout ce beau travail, aucune des récompenses demandées ne fut accordée, avant la cessation des hostilités, ce qui rendit les pilotes plutôt amères. Ils avaient participé à une campagne de cinq jours avec distribution immédiate de récompenses, et se voyaient obligés d'attendre les leurs à cause d'inadmissibles délais imputables à l'inertie de certains bureaux d'Etat-Major !
 

20 avril, défilé sur Bordeaux et Cognac, le groupe repart et se pose à LUXEUIL.
25 avril,  félicitations du ministre de l'Air TILLON, des généraux d'ENSELME et WEBSTER
 
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